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Philippe Marguery
Praticien certifié CFMTC

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Fatigue chronique

Fatigue chronique

Fatigue chronique: vision croisée de la MTC et de la physiologie occidentale

La fatigue chronique est un état d’épuisement qui dure dans le temps. Cette fatigue persiste même après le repos. La fatigue a tendance à être disproportionnée par rapport à l’effort effectué. Elle dégrade fortement la qualité de vie.

Elle provoque une forme d’intolérance à l’effort et peut entrainer une diminution des capacités intellectuelles également.

Les causes de la fatigue chronique sont multiples. On trouve notamment :

1.   Mauvaise perception de l’effort physique ou intellectuel

Le cerveau surévalue le niveau de stress lié à l’effort et limite l’activité pour se protéger. La sensation de fatigue se produit très tôt dans le déroulement de l’effort.

La pratique de l’activité physique en développant la conscience corporelle va aider à « reprogrammer » le cerveau pour qu’il ajuste le seuil de fatigue : le Qi Gong et le Tai Chi sont des pratiques qui permettent de combiner le mouvement et la conscience, favorisant ainsi la reprogrammation. De plus ces pratiques n’impliquent pas un stress physique important (mouvements sans excès de force musculaire, respiration synchronisée avec les mouvements).

2.   Dérèglement du système nerveux autonome (SNA)

Le système nerveux sympathique se met en action principalement pour répondre au danger, à l’excitation, au stress. Le système nerveux parasympathique régule la respiration, la digestion, le repos, les mouvements lents. Les 2 systèmes se répondent parfaitement lorsqu’ils sont équilibrés.

En cas de déséquilibre, si l’activité sympathique est excessive, le corps ne récupère plus (sécrétion excessive d’hormones telles que l’adrénaline, le cortisol, baisse de la production et du stockage de l’énergie – ATP).

On ne peut pratiquement pas influer sur le système nerveux autonome par la volonté ou la pensée. Il existe cependant des pratiques qui permettent de revenir à l’équilibre :

  •  La pratique de la respiration consciente de type cohérence cardiaque va réguler le SNA : Une inspiration durant 5 secondes suivie d’une expiration pendant 5 secondes, ceci pendant 5 minutes plusieurs fois par jour. On active le nerf vague qui va renforcer l’activité parasympathique.
  • Ici encore la pratique du Qi Gong et du Tai Chi, mais également du Yoga sont intéressants pour équilibrer les 2 polarités du SNA. Il faudra toutefois éviter les entrainements excessifs qui pourraient stimuler le sympathique.
  • La méditation de pleine conscience agit en renforçant la conscience de la respiration et la conscience corporelle, ce qui va réguler le SNA via le système hormonal notamment. Elle agit également en réduisant le stress par la distanciation aux stimulus.
  • Les contacts sociaux : le système parasympathique est régulé par l’activité sociale sécurisante.
  • Le toucher corporel : Tui Na ou Shiatsu sont 2 pratiques qui renforcent le système parasympathique.
  • L’acupuncture, en plus des actions spécifiques des points, à une action globale de régulation du SNA

3.   Dysfonctionnement hormonal

Le dérèglement du système hormonal entraine une réponse au stress inadaptée. Les glandes surrénales ne parviennent pas à produire de manière adéquat la réponse hormonale (cycle journalier du cortisol dérèglé, excès de production d’adrénaline, noradrénaline …). Comme nous l’avons vu plus haut, ceci peut être dû à un dérèglement du système sympathique-parasympathique, ou bien un mauvais fonctionnement du système hormonal lui-même (axe hypothalamus-hypophyse-surrénale) qui ne parvient pas à produire la réponse hormonale de manière adéquat. Ceci peut arriver en cas de troubles thyroïdiens, troubles du sommeil, anémie …

Voici quelques éléments pour réguler le système hormonal surrénal :

  • Se coucher et se lever à heures fixes
  • S’exposer à la lumière du jour, ne pas rester enfermé à l’intérieur toute la journée, bains de soleils de courte durée (30 minutes)
  • Eviter les écrans le soir qui inhibent la production de mélatonine
  • Eviter le sport intense le soir (pratique modérée du Qi Gong est adaptée)
  • Respiration de cohérence cardiaque (voir ci-dessus)
  • Acupuncture, à la fois pour réguler le SNA et le système hormonal lui-même
  • Tui Na et Shiatsu équilibrent le SNA

4.   Persistance d’une infection post virale

Une réponse immunitaire anormale peut engendre de la fatigue chronique. Dans ce cas la fatigue débute après une infection (Covid, grippe, …). Une activation chronique du système immunitaire peut également entrainer une fatigue chronique (maladies auto-immunes immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, maladies neuro-immunes comme l’encéphalite myalgique).

Il est nécessaire en première intention de consulter un médecin pour une prise en charge si l’infection initiale est encore dans sa phase active.

Si la fatigue persiste après le stade de l’infection initiale, l’acupuncture et la pharmacopée peuvent agir de manière efficace (Covid longs, virus respiratoires, grippe, hépatite virale).

Dans le cas de maladie auto-immune, voici quelques pistes pour améliorer les symptômes de fatigue chronique.

  • Activité physique douce et régulière, modérée (Qi Gong)
  • Alimentation riche en W3 (huile de colza, lin, poissons gras, thé vert), en légumes et fruits. Réduire les sucres rapides, l’alcool, les aliments transformés
  • Se coucher à heure régulière

4.    Dysfonctionnement métabolique


Le système de production-consommation de l’énergie dans le corps est orchestré par le cycle de l’ATP (Adénosine Triphosphate).

L’ATP est une molécule composée d’une protéine (l’Adénine, un arrangement de carbone, d’azote et d’hydrogène), d’un sucre (le ribose un arrangement de carbone, d’oxygène et d’hydrogène) et de 3 groupes phosphate (un arrangement de phosphate et d’oxygène).

Cette molécule stocke de l’énergie sous forme de liaison chimique dans ses groupes phosphate.

En médecine chinoise on parle de Jīng 精 qui est une forme d’énergie potentielle stockée dans les organes (et donc dans les cellules organiques). Le Jīng est l’essence énergétique des organes et des cellules et permet la libération d’énergie (le Qì 氣) nécessaire au mouvement, à la vie. Tout comme l’ATP, le Jīng stocke l’énergie afin de la libérer en fonction de la demande.

En cas de demande énergétique (action cellulaire musculaire ou métabolique) un groupement phosphate est libéré de l’ATP par hydrolyse (ajout d’une molécule d’eau qui permet la libération d’un groupe phosphate par recombinaison) ce qui génère une molécule d’ADP (~ATP avec seulement 2 groupes phosphate) et produit une certaine quantité d’énergie disponible pour la cellule : le Qì est produit pour nourrir la vie.

Cette « perte énergétique » doit être compensée par la mise en réserve de Jīng dans les cellules. Chimiquement, ce phénomène se produit par l’oxydation du glucose véhiculé dans le sang et les cellules. Le glucose (composé de carbone, d’oxygène et d’hydrogène) perd des électrons sous la forme d’atomes d’hydrogènes en présence d’oxygène, ce qui produit de l’eau (H2O par recombinaison de l’oxygène avec l’hydrogène) et du gaz carbonique (CO2 par perte d’hydrogène du glucose) et dégage une grande quantité d’énergie. En effet un atome de glucose est capable de « recharger » une trentaine de molécule d’ADP en ATP (par adjonction du 3ème groupe phosphate).

Du point de vue de la médecine chinoise, l’énergie à une composante innée (Yuán qì 源氣) issue du ciel antérieur, et une composante acquise (Zōng Qì 宗氣) issue du ciel postérieur. Le Qì acquis est produit à partir de deux formes d’énergie potentielle accessible au corps : l’énergie du souffle pur (Qīng Qì 清氣) – l’oxygène- et l’essence des boissons et des aliments (Shuǐ Gǔ Jīng Wēi 水穀精微) -le glucose-. L’oxydation du glucose correspond à la production de Zōng Qì qui permet le stockage de l’énergie dans l’ATP.

Un mauvais « rendement » dans la production de l’énergie (consommation > production) va entrainer de la fatigue qui ne sera pas compensée et qui va s’accumuler.

Ce rendement est dépendant d’une capacité d’activation qui permet la transformation du souffle et de l’essence des aliments en Qì acquis. Chimiquement, ce sont les enzymes (des sortes de protéine) qui permettent de diminuer le seuil de la réaction de libération et de stockage dans l’ATP. En médecine chinoise, c’est un bon fonctionnement des organes de la transformation du Qì (Rate et Poumon) qui vont jouer ce rôle aidé par un fonctionnement harmonieux de la conscience (Shén 神).

Pour rééquilibrer le fonctionnement énergétique du corps on doit donc agir sur plusieurs plans :

  • Une alimentation équilibrée et saine, le plus proche possible des aliments naturels simples et non transformés
  • Une pratique physique régulière permettant l’oxygénation des cellules (sport, Qi Gong, Tai Chi)
  • Un équilibre psychique favorisé par les règles du Yǎng Shēn 養身 (équilibre sommeil-veille, travail-activité, pratique de la méditation qui nous aide à vivre les émotions sans « dérégler » tout l’organisme)

La sécheresse

La sécheresse est de type Yang et blesse le sang, assèche les liquides organiques pour engendrer la déshydratation. Elle est produite par un climat ambiant sec ou des phénomènes chroniques desséchants (diarrhées, transpiration importante, vomissements répétés, vieillissement). Les symptômes les plus courants sont la peau sèche, les lèvres gercées, la gorge et la bouche sèche, la sécheresse oculaire. Si le poumon est touché, on manifestera de la toux sèche. Si les intestins sont atteints, une certaine forme de constipation apparaîtra.

On la compare à la sécheresse des feuilles en automne qui est la conséquence du tarissement de la sève nutritive. 

On utilise des plantes qui nourrissent le Yin et le sang afin de régénérer les liquides organiques.

L'humidité

L’humidité est de type Yin. Elle va donc blesser l’énergie Yang du corps. Elle est due à l’exposition à un climat humide. L’humidité est lourde et entrave le mouvement, ralentissant tout. Elle provoque une sensation de lourdeur, une fatigue générale, des douleurs articulaires fixes avec gonflements, la sensation de tête enserrée, une distension abdominale avec des selles molles. Elle affecte souvent la partie basse du corps et le bassin (des leucorrhées peuvent apparaître). A l’extrême l’humidité dans le corps se transforme en mucosité qui peut provoquer des kystes, tumeurs ou générer des troubles circulatoires (excès de cholestérol dans le sang).

L’humidité stagne plus facilement dans le corps si le système énergétique de la rate est faible (la fonction de transformation est déficiente).

On utilise des plantes diurétiques, froides ou tièdes et amères. Le massage TuiNa, l'acupuncture ou les ventouses sont efficaces en cas de gonflements.

Les causes internes de maladie

Les agents pathogènes internes

Les agents pathogènes internes désignent des éléments morbides que le corps produit lui-même par suite du dysfonctionnement d'un ou plusieurs organes et d'une dysharmonie entre l'énergie (le Qi) et le sang. Ces déséquilibres sont généralement la conséquence d'un dysfonctionnement organique chronique qui peuvent faire suite à une atteinte externe mal soignée, une fatigue chronique, une longue maladie, une mauvaise alimentation, mais également un déséquilibre émotionnel et/ou psychologique entrainant une stagnation (mauvaise circulation du Qi et du sang). 

Ces éléments pathogènes se manifestent sous différentes forme:

- L'humidité interne: elle est due à un dysfonctionnement de la Rate qui ne permet pas un bon métabolisme des liquides dans le corps ce qui crée des accumulations. Elle se manifeste par des sensations de lourdeurs, des céphalées sourdes, une mauvaise digestion, un manque de clarté de l'esprit. L'humidité produit également des œdèmes qui peuvent devenir chroniques.

- Le Tan: il s'agit de mucosités générées par le corps en raison principalement d'un dysfonctionnement de la Rate. Le réceptacle du Tan peut être le Poumon ou le Cœur, mais également le système sanguin. Le Tan se manifeste par des glaires, des gonflements localisés souvent indolores, des kystes, nodosités, une fatigue générale, éventuellement des nausées, des sensations de lourdeur du corps. 
Le Tan peut également se manifester par des troubles psychiques allant jusqu'à la psychose et les troubles bipolaires (on parle alors de Tan invisible car il n'y a pas production de glaire à proprement parler).
En référence aux maladies de la médecine occidentale, le Tan peut produire des plaques d'athérome, un déséquilibre des lipides (cholestérol, triglycérides) .

- Les stases de sang: lorsque le sang stagne, cela produit des stases qui se manifestent par des douleurs localisées souvent fortes, punctiformes. Ces stases peuvent être la conséquence d'accidents (dans ce cas ce ne sont pas des facteurs pathogènes produits par suite d'un déséquilibre interne), mais également la conséquence d'un déséquilibre du Foie, de la Rate, du Poumon, et du Cœur.  Les stases de sang sont un des facteurs favorisant l'apparition de cancers (le Tan également).
En référence aux maladies de la médecine occidentale, on peut citer les phlébites, embolies, les coronaropathies, infarctus du myocarde.

- La sécheresse interne: elle peut être due à un dysfonctionnement de la Rate, du Poumon, des Reins, du gros intestin. Elle peut se manifester par une sécheresse de la peau, des muqueuses, des yeux, une constipation chronique.

- Les déséquilibres du Yin et du Yang: lorsque l'énergie Yin et l'énergie Yang ne sont plus en équilibre, des pathologies de froid ou de chaud peuvent se manifester. C'est la cas par exemple pour les bouffées de chaleur lors de la ménopause (déficit d'énergie Yin), ou bien encore les frilosités chroniques (déficit d'énergie Yang). Un excès de l'une ou l'autre de ces énergies peut également entrainer  des troubles comme des céphalées ou des vertiges rotatoires (excès d'énergie Yang), du Tan ou de l'humidité interne (excès d'énergie Yin).

Les émotions

Les émotions affectent les organes. On parle ici d’émotions récurrentes qui provoquent le déséquilibre des énergies Yin et Yang du corps lorsqu’elles sont présentes pendant une longue période.

  • La frustration, le refoulement, la colère vont léser le foie en entravant la libre circulation de l’énergie dans le corps provoquant douleurs, blocages musculaires, céphalées et troubles digestifs.
  • L’hystérie, l’exaltation, l’excitation vont entraîner un déséquilibre du cœur et perturber le sommeil et l’élocution.
  • La rumination mentale, les obsessions, l’excès de réflexion entraînent un déséquilibre de la rate ainsi qu'une faiblesse du sang entraînant des troubles digestifs et de la fatigue.
  • La tristesse, la mélancolie, le regret, la dépression vont affecter le poumon et la diffusion de l’énergie dans le corps produisant de la transpiration spontanée, de la dyspnée, une voix faible.
  • La peur, l’appréhension, les phobies, la paranoïa vont léser les reins et provoquer l’incontinence, des transpirations nocturnes ou des lombalgies chroniques et une certaine forme d'acouphènes.

Les 5 fatigues

Les 5 fatigues ont été décrites dans le Huang Di Nei Jing (texte fondateur de la médecine chinoise) il y a plus de 2000 ans, mais elles constituent encore de nos jours un guide des comportements qui concourent au maintien de la santé :

  • l’usage excessif des yeux affecte le sang et le cœur (surmenage intellectuel)
  • trop d’exercice physique blesse les tendons et le foie (surmenage physique)
  • rester assis trop longtemps blesse les chairs et la rate (manque d’exercice, alimentation inadaptée)
  • rester allongé trop longtemps blesse le Qi et le poumon (excès de sommeil, d’inactivité)
  • rester debout trop longtemps blesse les os et les reins (station debout trop longue, porter des charges trop lourdes)

Cette description des 5 fatigues prône la modération dans nos activités afin de conserver l’équilibre énergétique du corps et de l’esprit.

Les autres causes de maladies

Elles regroupent tout ce qui n’a pas été décrit dans les autres catégories :

  • l’hérédité, la constitution : c’est le potentiel génétique que l’on peut renforcer par un mode de vie équilibré.
  • le surmenage : on peut apprendre à équilibrer les périodes d’activité et les périodes de repos.
  • les excès sexuels : dans la conception taoïste, l’éjaculation trop fréquente épuise l’énergie. Cependant l’abstinence sexuelle n’est pas équilibrante car elle crée de la frustration. Il s’agit là encore de trouver un équilibre. Chez la femme, ces sont les accouchements qui épuisent le sang.
  • l’alimentation : bon dosage, choix des nutriments de qualité, équilibre des repas. Il existe une diététique particulière à la médecine chinoise, c’est un vaste sujet qui demanderait plus de développement.
  • les traumatismes, accidents : chocs physiques ou émotionnels.
  • .l’environnement : classiquement les parasites, empoisonnements, contaminations, vers intestinaux, morsures de serpent. Par extension pour notre époque, la pollution, la contamination radioactive, électromagnétique,  la surexposition aux écrans.
  • les erreurs thérapeutiques : réchauffer une maladie de chaleur, ou inversement refroidir une trouble lié au froid, tonifier lorsqu’un facteur pathogène est puissant et récent (il faut disperser dans ce cas pour le chasser), disperser trop en cas de vide.

Les principes de traitement et les techniques de la médecine chinoise ont été mis au point à partir de la connaissance de toutes les causes de maladies. C'est une démarche à la fois scientifique et pragmatique, basée sur l'observation de cas cliniques pendant des centaines d'années. La liste de symptômes décrits sur cette page n'est évidemment pas limitative et tous les symptômes décrits n'apparaissent pas forcément.

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